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Monthly Archives: September 2013

par Françoise GUILLEMAUT

L’article propose une réflexion sur la problématique de la prostitution de fem­mes africaines dans les rues en France. S’agit-il de trafics d’êtres humains ou de phénomènes de migrations ? Quel est le rôle des rituels magiques (juju) dans ce contexte ? Comment les femmes concernées vivent-elles leur situation ? Nous examinerons les différentes modalités de mobilité géographique des femmes africaines et nous entendrons comment les femmes elles-mêmes parlent du juju, de leurs rapports aux croyances magiques ou religieuses. Les résultats présentés ici sont le fruit d’un terrain de 12 années passées au contact quotidien des fem­mes concernées. En conclusion, nous tenterons de mettre en évidence les para­doxes que révèlent ces observations par rapport aux discours majoritaires et aux normes en vigueur sur le sujet de la traite des êtres humains.

 

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Analyse: Les travailleurs du sexe font les frais de la lutte contre la traite des personnes

par IRIN, nouvelles et analyses humanitaires, Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies.

KATMANDOU, 5 septembre 2013 (IRIN) – Bien que partant d’une bonne intention, les lois et les interventions qui visent à réduire la traite des personnes en ciblant les travailleurs du sexe peuvent mettre la santé de ces derniers en péril et entraîner des violations des droits humains, disent les experts.  …..

LES POINTS CLÉS

  • Les descentes effectuées dans les maisons de prostitution compromettent la sécurité des travailleurs du sexe
  • Les opérations de lutte contre la traite des personnes peuvent entraîner une violation des droits des travailleurs du sexe
  • Les approches visant à « mettre fin à la demande de prostitution » présentent des lacunes
  • Il est nécessaire d’impliquer les travailleurs du sexe dans les politiques de lutte contre la traite des personnes

 

par Tiphaine BESNARD

Communication dans le cadre du Congrès AFS à Nantes le 5 septembre 2013.

Le travail sexuel occupe une place particulière dans le champ de la santé publique du fait du lien, établi par la littérature médicale du XIXe siècle entre la sexualité vénale et la propagation des maladies sexuellement transmissibles. Plus particulièrement, l’idée selon laquelle la prostitution représenterait un danger sanitaire a été très fortement inscrite dans l’opinion publique par la diffusion de théories pseudo-scientifiques. Dans ce cadre, le corps des prostituées a été assimilé à la saleté, à la maladie et au dégoût en général ; dégoût aussi bien physique que moral. Pendant ce siècle, les institutions médicales et policières vont travailler main dans la main pour pallier à ce problème sanitaire, justifiant sa répression, mais aussi le contrôle médical, l’assainissement et l’exclusion des prostituées de la sphère publique. Longtemps apanage des médecins et des réformateurs sociaux, le dégoût pour les prostituées a subi une mutation tout au long du XXe siècle, qui en fera l’expression caractéristique de la lutte contre la traite des femmes.

lire la suite ici : BESNARD Tiphaine, Du dégoût pour les prostituées au dégoût des prostituées, Nantes, 5 septembre 2013