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Tag Archives: CATW

par Jo DOEZEMA

lien vers le texte en pdf : https://recherchetravailsexuel.wordpress.com/?attachment_id=81

Contexte

La « traite des femmes » a, ces dernières années, été le sujet d’intenses débats féministes.

Cet article analyse la position de la Coalition Contre la Traite des Femmes (Coalition Against Trafficking in Women, CATW) et les écrits de sa fondatrice, Kathleen Barry.

Il suggère que la construction par la CATW des « prostitué-es du Tiers-Monde » fait partie d’un reflexe assez courrant parmi les feministes occidentales qui consiste à construire un « autre » blessé comme justification de ses propres pulsions positions interventionnistes.

L’argument central de cet article est que le « corps blessé » des « victimes de la Traite du Tiers- Monde » dans le débat féministe international autour de la Traite des femmes sert de puissante métaphore pour faire avancer certains intérêts féministes, qui ne sauraient être assimilés à ceux des travailleur-euse-s du sexe du Tiers-Monde elles-eux-mêmes.

Cet argument est avancé via une comparaison entre les campagnes féministes victoriennes contre la prostitution en Inde et les campagnes féministes contemporaines contre la traite.

Le terme « identité blessée » (injured identity) provient de States of Injury, Power and Freedom in Late Modernity (États du préjudice, Pouvoir et Liberté dans la modernité tardive) par Wendy Brown, paru en 1995. Brown avance que certains groupes ont formulé leurs revendications pour l’inclusion dans l’État libéral en termes de «dégats historiques». Antoinette Burton (1998) étend l’analyse de Brown à la relation des féministes victoriennes à l’Empire, argumentant que les « identitées blessées » des « autres » coloniaux étaient au cœur des tentatives féministes pour avoir leur propre rôle dans l’Empire. Ce document est construit sur l’analyse de Burton, se demandant quel rôle les « identités blessées » des travailleur-euse-s du sexe du Tiers-Monde jouent dans la construction de certaines identités féministes contemporaines. La notion d’« identités blessées » propose une façon provocatrice de commencer à examiner comment les féministes de la CATW utilisent les “victimes de la Traite” dans leur discours. Si l’« identité blessée » est un élément constitutif de la formation du sujet de la modernité tarvive, cela peut aider à expliquer pourquoi la CATW et Barry se réfèrent autant à la « souffrance » des « victimes de la Traite dans le Tiers- Monde » dans leur discours sur l’assujetissement des femmes. Cela soulève également des questions sur la possibilité de conséquences répressives des efforts de la CATW dans son combat contre la « Traite des femmes » via une législation « protectrice ».

par Louise TOUPIN

http://www.chezstella.org/docs/trafic.pdf

L’objet de cette étude est de décrire les points de vue qui identifient et différencient les
principales coalitions internationales de groupes de femmes luttant contre ce que l’on appelle
couramment le «trafic des femmes».
Les coalitions dont les documents ont été analysés sont la Coalition Against Traffic in Women, laCATW, la Global Alliance Against Traffic in Women, la GAATW. Certains documents du
Network of Sex Work Projects, le NSWP, furent aussi analysés.
Le souci principal de l’étude est de mettre en évidence les raisonnements qui sont à la source des points de vue, à plusieurs égards très divergents, des principales coalitions.
On ne trouvera, dans les pages qui suivent, ni témoignages de victimes, ni données sur l’ampleur du dit trafic, ni même de portrait général de la question. Son intention est autre. Le présent document se veut d’abord et surtout un outil permettant de mieux saisir les différentes
perspectives féministes ouvertes sur cette très complexe question. Il reste à espérer que cette
étude, à caractère essentiellement exploratoire, alimente la réflexion et contribue à clarifier les
enjeux soulevés par les différentes stratégies féministes, incluant celles des travailleuses du sexe.