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Tag Archives: féminisme

par Tiphaine BESNARD

communication faite à Reid Hall, le 28 novembre 2013.

Tiphaine Besnard nous présente ici “l’histoire des différentes formes de réglementation de la prostitution en France depuis le début du XIXe siècle jusqu’à nos jours, en resituant celle-ci dans le contexte juridique international et dans ses rapports avec le féminisme.”

BESNARD Tiphaine _Une histoire des re_glementations de la prostitution. Fe_minisme, controverses politiques et re_pression sociale_.

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Le plus souvent réduite à l’image de victime, la prostituée n’est pas seulement reléguée en marge de la société, mais en marge de sa propre histoire. Or, loin du misérabilisme et du sentiment de honte, et à travers une écriture à la fois autobiographique, fictionnelle et engagée, Grisélidis Réal et Virginie Despentes ont donné à la prostitution une voix puissante : celle d’une revendication à la fois individuelle et communautaire, permettant de penser la déviance non comme le résultat d’une exclusion passivement subie, mais comme une force politique potentielle.

http://trans.revues.org/550?lang=en

par Jo DOEZEMA

lien vers le texte en pdf : https://recherchetravailsexuel.wordpress.com/?attachment_id=81

Contexte

La « traite des femmes » a, ces dernières années, été le sujet d’intenses débats féministes.

Cet article analyse la position de la Coalition Contre la Traite des Femmes (Coalition Against Trafficking in Women, CATW) et les écrits de sa fondatrice, Kathleen Barry.

Il suggère que la construction par la CATW des « prostitué-es du Tiers-Monde » fait partie d’un reflexe assez courrant parmi les feministes occidentales qui consiste à construire un « autre » blessé comme justification de ses propres pulsions positions interventionnistes.

L’argument central de cet article est que le « corps blessé » des « victimes de la Traite du Tiers- Monde » dans le débat féministe international autour de la Traite des femmes sert de puissante métaphore pour faire avancer certains intérêts féministes, qui ne sauraient être assimilés à ceux des travailleur-euse-s du sexe du Tiers-Monde elles-eux-mêmes.

Cet argument est avancé via une comparaison entre les campagnes féministes victoriennes contre la prostitution en Inde et les campagnes féministes contemporaines contre la traite.

Le terme « identité blessée » (injured identity) provient de States of Injury, Power and Freedom in Late Modernity (États du préjudice, Pouvoir et Liberté dans la modernité tardive) par Wendy Brown, paru en 1995. Brown avance que certains groupes ont formulé leurs revendications pour l’inclusion dans l’État libéral en termes de «dégats historiques». Antoinette Burton (1998) étend l’analyse de Brown à la relation des féministes victoriennes à l’Empire, argumentant que les « identitées blessées » des « autres » coloniaux étaient au cœur des tentatives féministes pour avoir leur propre rôle dans l’Empire. Ce document est construit sur l’analyse de Burton, se demandant quel rôle les « identités blessées » des travailleur-euse-s du sexe du Tiers-Monde jouent dans la construction de certaines identités féministes contemporaines. La notion d’« identités blessées » propose une façon provocatrice de commencer à examiner comment les féministes de la CATW utilisent les “victimes de la Traite” dans leur discours. Si l’« identité blessée » est un élément constitutif de la formation du sujet de la modernité tarvive, cela peut aider à expliquer pourquoi la CATW et Barry se réfèrent autant à la « souffrance » des « victimes de la Traite dans le Tiers- Monde » dans leur discours sur l’assujetissement des femmes. Cela soulève également des questions sur la possibilité de conséquences répressives des efforts de la CATW dans son combat contre la « Traite des femmes » via une législation « protectrice ».

par Louise TOUPIN

http://www.chezstella.org/docs/trafic.pdf

L’objet de cette étude est de décrire les points de vue qui identifient et différencient les
principales coalitions internationales de groupes de femmes luttant contre ce que l’on appelle
couramment le «trafic des femmes».
Les coalitions dont les documents ont été analysés sont la Coalition Against Traffic in Women, laCATW, la Global Alliance Against Traffic in Women, la GAATW. Certains documents du
Network of Sex Work Projects, le NSWP, furent aussi analysés.
Le souci principal de l’étude est de mettre en évidence les raisonnements qui sont à la source des points de vue, à plusieurs égards très divergents, des principales coalitions.
On ne trouvera, dans les pages qui suivent, ni témoignages de victimes, ni données sur l’ampleur du dit trafic, ni même de portrait général de la question. Son intention est autre. Le présent document se veut d’abord et surtout un outil permettant de mieux saisir les différentes
perspectives féministes ouvertes sur cette très complexe question. Il reste à espérer que cette
étude, à caractère essentiellement exploratoire, alimente la réflexion et contribue à clarifier les
enjeux soulevés par les différentes stratégies féministes, incluant celles des travailleuses du sexe.

http://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2003-3-page-97.htm

Gail PHETERSON

Les structures traditionnelles qui sous-tendent le contrôle des femmes enceintes ou prostituées sont analysées comme un processus d’appropriation et de subordination des femmes. Au niveau global, la réglementation de la grossesse et de la prostitution ont été incorporées dans le « contrôle des naissances » et dans le « contrôle des migrations », au nom du « planning familial » et de la « répression de la traite des femmes ». Bien que la plupart de ces politiques prennent place au sein d’un système cohérent, la questions du travail reproductif et celle du travail sexuel sont le plus souvent isolées, ou conçues comme des antithèses stratégiques par la droite, de même que par la gauche, les activistes féministes et les organisations non gouvernementales. Cette fausse dichotomie renforce la division des femmes en servant secrètement les hypocrisies et les injustices institutionnelles.