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Tag Archives: femmes

par Françoise Guillemaut 

https://recherchetravailsexuel.files.wordpress.com/2013/05/guillemaut-hm1248-2004.pdf

La loi du 18 mars 2003 a introduit la sanction des personnes prostituées pour “racolage passif”. Elle autorise aussi la police à menacer d’expulsion les étrangères, pour les contraindre à dénoncer leurs proxénètes. L’auteur décrit les effets pervers d’une telle mesure sur ces femmes, dans une ville comme Lyon où son association leur vient en aide. Pour autant, l’oppression subie en France leur paraît souvent préférable aux soumissions qui prévalent dans leurs pays d’origine. 

par Jo DOEZEMA

lien vers le texte en pdf : https://recherchetravailsexuel.wordpress.com/?attachment_id=81

Contexte

La « traite des femmes » a, ces dernières années, été le sujet d’intenses débats féministes.

Cet article analyse la position de la Coalition Contre la Traite des Femmes (Coalition Against Trafficking in Women, CATW) et les écrits de sa fondatrice, Kathleen Barry.

Il suggère que la construction par la CATW des « prostitué-es du Tiers-Monde » fait partie d’un reflexe assez courrant parmi les feministes occidentales qui consiste à construire un « autre » blessé comme justification de ses propres pulsions positions interventionnistes.

L’argument central de cet article est que le « corps blessé » des « victimes de la Traite du Tiers- Monde » dans le débat féministe international autour de la Traite des femmes sert de puissante métaphore pour faire avancer certains intérêts féministes, qui ne sauraient être assimilés à ceux des travailleur-euse-s du sexe du Tiers-Monde elles-eux-mêmes.

Cet argument est avancé via une comparaison entre les campagnes féministes victoriennes contre la prostitution en Inde et les campagnes féministes contemporaines contre la traite.

Le terme « identité blessée » (injured identity) provient de States of Injury, Power and Freedom in Late Modernity (États du préjudice, Pouvoir et Liberté dans la modernité tardive) par Wendy Brown, paru en 1995. Brown avance que certains groupes ont formulé leurs revendications pour l’inclusion dans l’État libéral en termes de «dégats historiques». Antoinette Burton (1998) étend l’analyse de Brown à la relation des féministes victoriennes à l’Empire, argumentant que les « identitées blessées » des « autres » coloniaux étaient au cœur des tentatives féministes pour avoir leur propre rôle dans l’Empire. Ce document est construit sur l’analyse de Burton, se demandant quel rôle les « identités blessées » des travailleur-euse-s du sexe du Tiers-Monde jouent dans la construction de certaines identités féministes contemporaines. La notion d’« identités blessées » propose une façon provocatrice de commencer à examiner comment les féministes de la CATW utilisent les “victimes de la Traite” dans leur discours. Si l’« identité blessée » est un élément constitutif de la formation du sujet de la modernité tarvive, cela peut aider à expliquer pourquoi la CATW et Barry se réfèrent autant à la « souffrance » des « victimes de la Traite dans le Tiers- Monde » dans leur discours sur l’assujetissement des femmes. Cela soulève également des questions sur la possibilité de conséquences répressives des efforts de la CATW dans son combat contre la « Traite des femmes » via une législation « protectrice ».

par Lillian S. ROBINSON

http://www.erudit.org/revue/rf/2002/v15/n2/006510ar.html

Comme caractéristique du développement capitaliste, la migration économique a toujours entraîné le travail sexuel. À l’heure de la mondialisation, cela signifie pour beaucoup de femmes, qui émigrent du village à la grande ville dans leur propre pays ou du pays natal à l’étranger, un choix imposé par les circonstances. Cet article examine surtout la décision d’émigrer, les moyens empruntés et la situation à l’étranger de celles – la grande majorité, d’ailleurs — qui n’ont pas été victimes d’un trafic, mais qui ont exercé ce choix imposé. Le rôle dans l’émigration des travailleuses sexuelles et des clients « émigrés » en tant que touristes sexuels fait partie de la discussion, ainsi que d’autres caractéristiques économiques et culturelles.

par Louise TOUPIN

http://www.chezstella.org/docs/trafic.pdf

L’objet de cette étude est de décrire les points de vue qui identifient et différencient les
principales coalitions internationales de groupes de femmes luttant contre ce que l’on appelle
couramment le «trafic des femmes».
Les coalitions dont les documents ont été analysés sont la Coalition Against Traffic in Women, laCATW, la Global Alliance Against Traffic in Women, la GAATW. Certains documents du
Network of Sex Work Projects, le NSWP, furent aussi analysés.
Le souci principal de l’étude est de mettre en évidence les raisonnements qui sont à la source des points de vue, à plusieurs égards très divergents, des principales coalitions.
On ne trouvera, dans les pages qui suivent, ni témoignages de victimes, ni données sur l’ampleur du dit trafic, ni même de portrait général de la question. Son intention est autre. Le présent document se veut d’abord et surtout un outil permettant de mieux saisir les différentes
perspectives féministes ouvertes sur cette très complexe question. Il reste à espérer que cette
étude, à caractère essentiellement exploratoire, alimente la réflexion et contribue à clarifier les
enjeux soulevés par les différentes stratégies féministes, incluant celles des travailleuses du sexe.

http://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2003-3-page-97.htm

Gail PHETERSON

Les structures traditionnelles qui sous-tendent le contrôle des femmes enceintes ou prostituées sont analysées comme un processus d’appropriation et de subordination des femmes. Au niveau global, la réglementation de la grossesse et de la prostitution ont été incorporées dans le « contrôle des naissances » et dans le « contrôle des migrations », au nom du « planning familial » et de la « répression de la traite des femmes ». Bien que la plupart de ces politiques prennent place au sein d’un système cohérent, la questions du travail reproductif et celle du travail sexuel sont le plus souvent isolées, ou conçues comme des antithèses stratégiques par la droite, de même que par la gauche, les activistes féministes et les organisations non gouvernementales. Cette fausse dichotomie renforce la division des femmes en servant secrètement les hypocrisies et les injustices institutionnelles.

http://www.erudit.org/revue/RF/2006/v19/n1/014068ar.html

par Louise TOUPIN

La « prostitution » et la « traite des femmes » sont habituellement analysées, dans les études féministes francophones, en utilisant la violence comme angle d’analyse principal et l’exploitation sexuelle, comme schéma interprétatif unique. Le texte remet en question certains postulats et prémisses à la base de bon nombre de ces analyses. Il met aussi en évidence les problèmes conceptuels qu’ils engendrent, ainsi que les biais qui en découlent. Il se termine par un appel en faveur d’une analyse autre du travail sexuel et du travail migratoire féminin et propose une approche différente à cette fin.