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Tag Archives: migrations

par Françoise GUILLEMAUT

L’article propose une réflexion sur la problématique de la prostitution de fem­mes africaines dans les rues en France. S’agit-il de trafics d’êtres humains ou de phénomènes de migrations ? Quel est le rôle des rituels magiques (juju) dans ce contexte ? Comment les femmes concernées vivent-elles leur situation ? Nous examinerons les différentes modalités de mobilité géographique des femmes africaines et nous entendrons comment les femmes elles-mêmes parlent du juju, de leurs rapports aux croyances magiques ou religieuses. Les résultats présentés ici sont le fruit d’un terrain de 12 années passées au contact quotidien des fem­mes concernées. En conclusion, nous tenterons de mettre en évidence les para­doxes que révèlent ces observations par rapport aux discours majoritaires et aux normes en vigueur sur le sujet de la traite des êtres humains.

 

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par Chris CORRIN

 

Les débats féministes sur la traite des femmes et la prostitution sont ici liés aux discours et aux politiques concernant les droits de l’homme afin d’évaluer les propositions destinées à atténuer les tensions qui pèsent sur la situation des femmes. La façon dont on conçoit politiquement la prostitution joue sur les décisions et la formulation des stratégies politiques adoptées, les pays voisins pouvant opter pour des approches législatives radicalement différentes. La liberté de choix des femmes, leur victimisation et leurs pratiques de résistance sont des questions centrales. Le trafic des femmes, par sa nature, conduit à des situations de violence et à des formes de contrôle social ; il crée des relations complexes entre migration, traite des êtres humains et contrebande. Une rapide vision d’ensemble sur la traite des femmes, dans la partie Sud-Est de l’Europe (SEE), met en relief d’abord l’impact de la militarisation sur certaines sociétés de l’ancienne Yougoslavie. La traite des femmes dans un contexte militarisé cumule les effets de l’usage de la force et du contrôle social exercé sur elles pour les obliger, par des moyens spécifiques, à se prostituer. Le droit pénal et la législation sur les droits de l’homme ne coexistent pas aisément avec les actions militaires et les sanctions des Nations Unies destinées à renforcer ou à déclencher la lutte contre les atteintes à ces droits. Au premier plan de ces débats se pose le problème, à la fois social et intellectuel, de la culpabilisation des femmes et des jugements moraux formulés à leur encontre. Des chercheuses féministes considèrent que des changements pratiques dans la législation portant sur les droits et les migrations favoriseraient la lutte contre la traite des femmes.

 

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par Nasima Boujoud et Dolorès Pourette

http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CEA_179_1093

Des cas d’« esclavage moderne » sont dénoncés dans les secteurs de la domesticité et de la prostitution, secteurs où sont majoritairement orientées les femmes non qualifiées originaires de pays défavorisés. Des données ethnographiques recueillies au Maroc, auprès de domestiques ayant fait l’objet d’un « trafic » entre leur village et la ville, et en France, auprès de migrantes originaires de différents pays, montrent que les formes contemporaines de « traite » des femmes s’enracinent dans des structures de domination anciennes liées aux rapports sociaux de classe, de genre et d’origine. Les récits de migrantes soulignent que leur implication dans des « trafics » résulte le plus souvent de « stratégies » migratoires, niées dans les discours publics et politiques.

par Françoise Guillemaut 

https://recherchetravailsexuel.files.wordpress.com/2013/05/guillemaut-hm1248-2004.pdf

La loi du 18 mars 2003 a introduit la sanction des personnes prostituées pour “racolage passif”. Elle autorise aussi la police à menacer d’expulsion les étrangères, pour les contraindre à dénoncer leurs proxénètes. L’auteur décrit les effets pervers d’une telle mesure sur ces femmes, dans une ville comme Lyon où son association leur vient en aide. Pour autant, l’oppression subie en France leur paraît souvent préférable aux soumissions qui prévalent dans leurs pays d’origine. 

par Lillian S. ROBINSON

http://www.erudit.org/revue/rf/2002/v15/n2/006510ar.html

Comme caractéristique du développement capitaliste, la migration économique a toujours entraîné le travail sexuel. À l’heure de la mondialisation, cela signifie pour beaucoup de femmes, qui émigrent du village à la grande ville dans leur propre pays ou du pays natal à l’étranger, un choix imposé par les circonstances. Cet article examine surtout la décision d’émigrer, les moyens empruntés et la situation à l’étranger de celles – la grande majorité, d’ailleurs — qui n’ont pas été victimes d’un trafic, mais qui ont exercé ce choix imposé. Le rôle dans l’émigration des travailleuses sexuelles et des clients « émigrés » en tant que touristes sexuels fait partie de la discussion, ainsi que d’autres caractéristiques économiques et culturelles.