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Tag Archives: pénalisation des clients

par Jay LEVY, traduction Thierry SCHAFFAUSER pour le STRASS

Le Dr Jay Levy vit actuellement au Royaume-Uni, et travaille pour une ONG. Il a obtenu son doctorat à l’Université de Cambridge en 2012. Sa thèse de doctorat a porté sur les résultats de la législation suédoise pénalisant l’achat de services sexuels, et les lois additionnelles qui criminalisent la consommation de drogues et permettant un traitement obligatoire des personnes atteintes de toxicomanie et de dépendance à l’alcool.

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par Vincent CLAUSEN 

http://tdesintox.wordpress.com/2011/02/17/une-evaluation-du-rapport-de-la-politique-sur-la-prostitution-en-suede-de-gunilla-ekberg/

Le rapport de Gunilla Ekberg de la politique suédoise sur la prostitution est fréquemment pris comme référence dans les débats internationaux, et forme une part des bases de connaissances sur lesquelles s’appuient les stratégies et approches qui sont discutées et construites. Il est par conséquent d’une importance grandissante de faire une évaluation de la validité des assertions spécifiques faites dans l’article d’Eksberg. Ce texte tente d’en faire l’évaluation Onze des revendications spécifiques ont été sélectionnées, et pour chacune d’entre elles analysées en regard de la véracité des sources utilisées, de l’utilisation spécifique de ses sources, et de toutes leurs fonctions dans le rapport d’Ekberg. Cet article montre que des matériaux subordonnés sont utilisés comme preuve dans l’article d’Ekberg, et que dans nombres de cas les conclusions des rapports et autres sources ont été faussées. Ekberg tire fréquemment des conclusions qui sont en contradiction directe ou autrement en conflit avec les preuves des sources utilisées. Cet article soutient que le rapport d’Ekberg devrait être vu comme un manifeste politique, plutôt qu’un essai de rapporter les effets de la prohibition de l’achat de services sexuels.

par Susanne DODILLET et Petra OSTERGREN

http://www.chezstella.org/docs/loi-suedoise-2011-fr.pdf

La criminalisation par la Suède de l’achat de services sexuels en 1999 est considérée comme
une mesure unique: punir seulement ceux qui achètent des services sexuels, et non ceux qui
les vendent. Toutefois, cette prétendue unicité est discutable, et ce pour plusieurs raisons. Il y
a un certain nombre d’autres lois et règlements contre la prostitution, qui rendent effectivement la politique suédoise de prostitution semblable à celle des pays du monde qui tentent de réduire ou d’éliminer la prostitution par des moyens législatifs. Une autre raison pour laquelle l’affirmation d’unicité est douteuse est qu’il faut faire plus qu’examiner la formulation d’un modèle de loi ou d’une politique (“il n’y a que ceux qui achètent du sexe qui sont punis”) quand on l’analyse- on doit considérer ses conséquences réelles. Par exemple, une loi contre l’achat de services offerts dans la thérapie de massage, la psychothérapie ou de conseil en santé sexuelle ne punirait évidemment pas seulement les acheteurs, mais aussi entraînerait des conséquences négatives pour ceux qui offrent les services. Par conséquent, se concentrer uniquement sur l’une des lois sur la prostitution parmi plusieurs, ne tient pas compte de ses conséquences et appeler cela un modèle politique «unique» est soit de l’ignorance soit une tromperie délibérée.

par Jay LEVY

Ce document s’appuie sur des entretiens et l’observation participante menée au cours
des recherches que j’ai conduites en Suède depuis 2008. Les résultats de la loi
Suédoise dite sexköpslagen, loi de 1999 criminalisant l’achat de sexe, ont été le fruit
de mon enquête, la Suède étant le premier pays à avoir adopté une telle législation.

Ann JORDAN 
Programme sur la Traite des Humains et le Travail Forcé, Centre pour les Droits Humains et les Lois Humanitaires

En 1999, le gouvernement Suédois s’est embarqué dans une expérience d’ingéniérie sociale pour mettre fin à l’achat de services sexuels par les hommes. Le gouvernement mit en place une loi criminalisant l’achat (mais pas la vente) de sexe (Code pénal Suédois) basée sur la peur de la police et la honte pour convaincre les hommes de changer leurs habitudes sexuelles. Le gouvernement avait aussi pour espoir que cette loi forcerait les quelques 1850 à 3000 femmes qui vendent du sexe à changer de métier. Enfin le gouvernement espérait que la loi mettrait fin à la prostitution forcée et à la présence de travailleuses du sexe immigrées.
Sans surprise, l’expérience a été un échec. Pendant les 13 années que cette loi a été appliquée, le gouvernement Suédois a été incapable de prouver que la loi avait réduit le nombre d’acheteurs et de vendeurs de sexe ainsi que la traite des femmes. Le seul et
unique résultat de cette politique est un soutien (contesté) du public et une insécurité  grandissante pour les travailleuses de rue. En dépit de cet échec, le gouvernement a choisi
d’ignorer l’évidence et de proclamer cette loi un succès; il continue aussi à encourager les
autres pays à adopter une loi similaire.

 

http://www.petraostergren.com/upl/files/56646.pdf

de Susanne Dodillet et Petra Östergren

La criminalisation par la Suède de l’achat de services sexuels en 1999 est considérée comme
une mesure unique: punir seulement ceux qui achètent des services sexuels, et non ceux qui
les vendent. Toutefois, cette prétendue unicité est discutable, et ce pour plusieurs raisons. Il y
a un certain nombre d’autres lois et règlements contre la prostitution, qui rendent effectivement la politique suédoise de prostitution semblable à celle des pays du monde qui tentent de réduire ou d’éliminer la prostitution par des moyens législatifs. Une autre raison pour laquelle l’affirmation d’unicité est douteuse est qu’il faut faire plus qu’examiner la formulation d’un modèle de loi ou d’une politique (“il n’y a que ceux qui achètent du sexe qui sont punis”) quand on l’analyse- on doit considérer ses conséquences réelles. Par exemple, une loi contre l’achat de services offerts dans la thérapie de massage, la psychothérapie ou de conseil en santé sexuelle ne punirait évidemment pas seulement les acheteurs, mais aussi entraînerait des conséquences négatives pour ceux qui offrent les services. Par conséquent, se concentrer uniquement sur l’une des lois sur la prostitution parmi plusieurs, ne tient pas compte de ses conséquences et appeler cela un modèle politique «unique» est soit de l’ignorance soit une tromperie délibérée.